

La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) a invité les organisations syndicales à une revue stratégique de la Fonction publique 2035>2050. La CGT Fonction publique n’a pas participé à la réunion de lancement le 18 mars. Elle ne conteste pas la nécessité de réfléchir à l’avenir de la Fonction publique mais elle conteste fermement que cette réflexion soit pilotée par une administration, sans mandat démocratique clair, sur la base de questions qui remettent en cause le Statut général de la Fonction publique et banalisent la contractualisation (« faudra‑t‑il encore des fonctionnaires sous statut ? », « le statut est‑il encore pertinent ? »).
La CGT Fonction publique vient de transmettre à la Direction générale de l’administration et de la Fonction publique (DGAFP) deux documents relatifs à la « revue stratégique de la Fonction publique 2035>2050 » :
une contribution écrite de fond, qui porte la vision et les propositions de la CGT sur l’avenir de la Fonction publique ;
une lettre ouverte au ministre de l’Action et des Comptes publics, qui explique pourquoi la CGT n’a pas participé à la réunion de lancement du 18 mars et pose les conditions d’un véritable débat.
Une inversion des priorités : traiter l’urgence salariale maintenant !
La CGT Fonction publique dénonce une inversion des priorités : alors que le point d’indice est gelé depuis juillet 2023, que le gouvernement annonce une nouvelle année blanche en 2026, la perte de pouvoir d’achat du point d’indice depuis 2000 dépasse 28 %. Comment demander aux agents de « réfléchir à 2050 » alors que la nécessité est d’ouvrir des négociations salariales immédiates.
Répondre à la crise d’attractivité par un renforcement du Statut
Au cœur de sa contribution, la CGT défend une thèse claire : le Statut général des fonctionnaires n’est pas un privilège, mais une conquête démocratique moderne et l’outil le plus à même de répondre à la crise d’attractivité que traverse la Fonction publique. Pour la CGT, c’est un Statut modernisé, appuyé sur une Fonction publique de carrière attractive et des droits collectifs renforcés, qui permettra de fidéliser les agents et de garantir des services publics à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. La CGT avance des propositions concrètes pour renforcer les droits et la démocratie au travail, sécuriser l’emploi public et rebâtir une vraie Fonction publique de carrière.
Elle propose quatre axes de réflexion :
Traiter frontalement les conditions matérielles : salaires, emplois, conditions de travail.
Réaffirmer le choix d’une Fonction publique de carrière, unifiée et renforcée.
Garantir l’indépendance et la citoyenneté des fonctionnaires.
Articuler Statut et ambition pour les missions d’intérêt général.
Des conditions posées pour un débat sérieux
Dans sa lettre ouverte, la CGT Fonction publique pose quatre conditions minimales pour s’associer à un exercice sérieux sur l’avenir de la Fonction publique :
ouverture immédiate de négociations salariales sur la valeur du point, son indexation et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat ;
retrait de la décote de 10 % sur les congés maladie ordinaire et restauration du plein traitement ;
abandon des suppressions de postes et plan de titularisation des contractuels ;
mise en place de toute réflexion prospective sous l’égide d’une instance indépendante ou du Parlement, et non d’une seule administration.
La CGT Fonction publique rend publique sa contribution et sa lettre ouverte pour nourrir le débat bien au‑delà des murs de la DGAFP. Elle continuera à défendre partout où c’est possible une conviction simple : l’avenir de la Fonction publique ne se fera pas contre le Statut, mais grâce à lui.
En téléchargement :
>> Lettre ouverte CGT Fonction publique à David AMIEL, Ministre de l’Action et des Comptes publics
>> Contribution CGT Fonction publique dans le cadre de la « Revue stratégique de la Fonction publique 2035>2050 »