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  • Posté le 15 septembre 2022 / 12 visites

[Podcast Ép. 82] Billet 🔊 – CNR : les absents refusent de servir de faire-valoir

Temps de lecture : 3 minutes

Trop marqué par son exercice jupitérien du pouvoir durant son premier mandat, par son mépris du dialogue social, des corps intermédiaires, Emmanuel Macron est bien à la peine pour donner lustre et relief à son Conseil national de la refondation, lancé à Marcoussis dans l’Essonne, jeudi 8 septembre.

L’opération a surtout brillé par le nombre et la nature des absents. Les oppositions et une majorité de syndicats, dont la CGT, FO et la CGC, ont refusé de se prêter à un exercice qui leur rappelle de piteux souvenirs. Ainsi, la CGT a rappelé à Emmanuel Macron : « Nous avons pu vérifier à maintes reprises que malgré l’opposition unanime du mouvement syndical à certaines réformes, comme l’assurance chômage par exemple, vous êtes passé outre. Cela a encore été le cas cet été lors de la loi sur le pouvoir d’achat où la question des salaires a été purement ignorée du texte malgré nos multiples propositions. » De son côté, la CGC qui a également décliné l’invitation, estime que « le CNR est un objet de communication, rien de plus. » Et Force Ouvrière ajoute que ce CNR « par son mode de fonctionnement et sa finalité risque également d’affaiblir la place et le rôle du Conseil économique, social et environnemental ».

Ce n’est donc pas parce que les syndicats se désintéressent des thématiques de ce CNR (le plein-emploi, l’école, la santé, le bien-vieillir et la transition écologique), qu’ils refusent d’y participer, mais bien parce que l’opération médiatique a un goût de déjà-vu.

Elle a des relents de grand débat national à l’époque de la crise des Gilets jaunes. Elle rappelle aussi la Convention citoyenne pour le climat. Mais que sont devenues les propositions citoyennes qu’Emmanuel Macron avait promis de traduire dans la loi ?

Sorti juste avant les élections législatives du chapeau des communicants de l’Élysée, ce CNR se voulait être l’un des piliers de la prétendue « méthode nouvelle » de gouvernance d’Emmanuel Macron destinée à donner de la légitimité à des décisions qu’une Assemblée nationale presque tout acquise devait voter des deux mains. Mais voilà, les électeurs ont lourdement sanctionné la Macronie en privant Jupiter de la majorité absolue, l’obligeant à bricoler texte par texte des majorités avec la droite, voire avec les 89 députés d’extrême droite.

Ce Conseil national de la refondation apparaît bel et bien comme un outil de contournement des corps intermédiaires, du Parlement, mais aussi le CESE, pourtant troisième chambre de la République.

Quel crédit peut-on accorder à ce nouveau gadget censé moderniser la démocratie alors que dans le même temps sur la question énergétique qui réclame un vrai débat démocratique, Emmanuel Macron s’enferme dans un nouveau Conseil de défense énergétique aussi opaque et jupitérien que le Conseil de défense sanitaire ?

Si les absents du CNR ont un tort, ce n’est pas celui d’être naïfs.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT